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Interview 2018 : Lucca éditions
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Maison d'édition Lucca éditions
éditrice Sandrine Harbonnier
Pour les6 à 11 ans

Rencontre avec Sandrine Harbonnier, fondatrice de Lucca éditions, maison d’édition pour la jeunesse mêlant imaginaire et science dans ses publications !

Lucca imagine la science

Mes Premières Lectures : Bonjour Sandrine et merci de venir sur Mes Premières Lectures ! Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours pour nos lecteurs ?

Sandrine Harbonnier : Bonjour Mes Premières Lectures. Je suis la gérante de Lucca Éditions que je viens de créer au début de l’année 2018. Créer une maison d’édition était devenu mon rêve depuis une dizaine d’années. Mais pour pouvoir le réaliser, je préférais acquérir le maximum d’expériences possible dans le monde de l’édition. J’ai passé un master professionnalisant des métiers de la littérature de jeunesse à Lille 3, puis suivi une formation de correctrice au Centre d’écriture et de communication à Paris. J’ai effectué plusieurs stages (Comptoirs des bulles, Pippa, Delachaux et Niestlé) avant de lancer une micro-entreprise dans les services éditoriaux : pour des missions de correction bien entendu, mais aussi pour de la mise en pages de textes traduits sur maquette étrangère, de la coordination éditoriale, de la réécriture littéraire et aussi un peu d’événementiel et de communication.

J’ai toujours gardé quelques principes de travail et quelques orientations professionnelles dans le choix de mes clients : tout d’abord, je souhaitais travailler pour des éditeurs qui ne font que des ouvrages de fonds qu’ils suivent et défendent sur le long terme sans mise au pilon systématique ; ensuite, je me suis consacrée à quelques domaines bien précis : la science et la vulgarisation (Delachaux et Niestlé), le sport et le bien-être (Éditions Amphora et Synchronique Éditions) et l’ouverture au monde (Hikari Éditions, Synchronique Éditions).

Mes Premières Lectures : Vous venez de créer Lucca éditions, une maison d’édition jeunesse spécialisée dans la vulgarisation scientifique, « découvrir les merveilles de la science et de la culture ». Pourquoi cette création et ce nom ? Quelle est la ligne éditoriale de cette maison ?

Sandrine Harbonnier : Le concept de Lucca Éditions est d’aborder les sciences et les cultures, comme le ferait un documentaire, mais en racontant des histoires, en stimulant l’imaginaire. On pense évidemment tout de suite aux genres de la science-fiction et de la science-fantasy, mais on retrouvera également d’autres genres à Lucca Éditions qui aborderont la culture scientifique, comme l’aventure, la biographie romancée, le conte merveilleux. Apprendre en rêvant, c’est tout l’enjeu de Lucca Éditions.

Le nom « Lucca » tient à plusieurs raisons : on y retrouve un aspect scientifique parce qu’il signifie « lumière » en italien ; je cherchais également un mot aux consonances « douces » qui ne soit pas trop genré : si en France, Lucas est un prénom masculin, Lucca se retrouve aussi comme prénom féminin de l’autre côté de la Manche ; enfin, j’ai une dernière raison très personnelle qui ne peut parler qu’à un public un peu geek : Lucca est le nom d’une des héroïnes de Chrono Trigger sur Super Nintendo, un personnage steampunk qui invente des appareils technologiques (sans grand succès en général).

Mes Premières Lectures : Vous lancez également une campagne Ulule : « Lancement de Lucca Éditions - (Re)découvrez la science en lisant ». À quoi va servir cette campagne et quels sont les moyens de vous aider dans cette dernière ?

Sandrine Harbonnier : Le but premier de cette campagne de financement participatif est de faire connaître les livres et la maison d’édition. Ulule est un levier marketing non négligeable dans le domaine de la culture aujourd’hui, et je félicite toute l’équipe de la plate-forme pour tous les beaux projets qu’elle aide à promouvoir.

Le deuxième intérêt est double : d’un côté, l’argent récolté permettrait d’améliorer le façonnage des livres (vernis sélectif, couverture soft touch, livre numérique amélioré) et de préparer une meilleure campagne de presse et de publicité pour la sortie officielle en librairie ; d’un autre côté, les précommandes de livres rassurent tous nos partenaires et les libraires prêts à nous soutenir, ainsi que notre petite équipe éditoriale bien sûr ! En somme, en dehors des contributions, le meilleur moyen de nous aider est de parler de nous, de partager nos posts et de nous suivre sur les réseaux sociaux.

Pour remercier tous nos soutiens, nous avons prévu des posters, des ex-libris en sérigraphie, des marque-pages et même un tote-bag pour accompagner nos livres.

Mes Premières Lectures : Vous commencez à dévoiler quelques informations sur votre premier titre : La Voie des morts, d’Alexis Demey. Cet ouvrage de science-fiction est le premier tome d’une trilogie - La Veilleuse d’âmes – et aborde notamment des notions d’anthropologie. Pouvez-vous nous présenter ce roman ?

Sandrine Harbonnier : La Voie des morts est le tout premier manuscrit complet que j’ai reçu en 2017. Après avoir été effrayé par le million de signes que le document Word contenait, j’ai été agréablement surprise par la langue écrite assez poétique et les liens constants avec les arts picturaux dans les descriptions. C’est sans grande surprise que j’ai appris par la suite qu’Alexis Demey pratiquait l’aquarelle à ses heures perdues, quand elle n’est pas occupée à observer les chimpanzés à l’institut Jane Goodall ou à affronter les tempêtes de neige pour aller donner un cours d’anthropologie à l’université de Minneapolis.

Dans La Voie des morts, l’héroïne, Maya, est transportée sur une planète étrangère où elle découvre non seulement de nouvelles espèces humanoïdes, mais aussi un environnement naturel inédit. On est complètement dans le genre de la science-fiction, et notamment du planet-opera, avec quelques touches de fantasy. L’enjeu est bien entendu de sauver la planète et plus particulièrement dans le cas de Maya, de sauver les âmes des enfants morts qui errent encore sur la planète et risquent d’être exploitées pour leur énergie. Oui, Maya a la capacité de voir et de communiquer avec les âmes égarées, entre autres talents.

Mes Premières Lectures : Le second titre est également annoncé : Sur la route de Nosy Komba de Delphine Gosset, entre voyage d’aventures et roman initiatique, abordant la primatologie et l’éthologie. Comment s’est passée sa création ?

Sandrine Harbonnier : L’auteur, Delphine Gosset, m’a contactée après un appel à texte que j’avais passé sur le site de l’Asfored. Elle avait déjà écrit un manuscrit jeunesse qui aborde plutôt l’intelligence artificielle, mais il manquait la dimension vulgarisation pour concorder avec ma ligne éditoriale. Delphine montrait beaucoup d’enthousiasme pour le projet de Lucca Éditions et m’a proposé d’écrire une histoire qui parlerait de primatologie et, surtout, du primate qu’elle a elle-même le plus étudié : le lémurien. Autant dire que c’est un projet que j’ai vu grandir depuis le tout début.

Le roman se passe en partie en France – où Elizabeth, une jeune lycéenne, commence à s’inquiéter du sort que la nouvelle directrice du zoo de sa ville réserve aux animaux captifs –, en partie à Madagascar, en route vers l’île des lémurs noirs. C’est également un livre à deux voix – celle d’Elizabeth et celle de son père – qui parle de l’héritage parental et du problème de l’identité. À Madagascar, Elizabeth est sur le point sans le vouloir de découvrir son propre passé. À mesure que je recevais les chapitres et que je les lisais, je me suis rendu compte de l’aspect très graphique de l’écriture de Delphine, à tel point que je n’arrivais plus à concevoir Sur la route de Nosy Komba sans illustration. Je me suis tournée vers Mélanie Rebolj, dont j’adore le travail et l’étendue des compétences artistiques. Elle avait déjà réalisé la bannière de mon site web colorisée numériquement, et je lui demandais à présent un travail en noir et blanc pour l’intérieur. Certainement pas de quoi l’effrayer !
 


 

Mes Premières Lectures : Un album se rajoute également à ces premières parutions : Sisyphe le bousier de Élisabeth Ludes et Mona Leu-Leu. De l’importance des petites bêtes ?

Sandrine Harbonnier : Sisyphe le bousier est le dernier arrivé. Moi qui voulais travailler les deux formats du roman et de l’album en particulier pour Lucca Éditions, me voilà comblée. Le sujet porte en effet sur l’importance des petites bêtes, des petits animaux dans un écosystème. Je peux vous assurer que sans Sisyphe, on serait dans la bouse ! Alors, lorsqu’il se met en grève, on va droit à la catastrophe. Personne ne possède les compétences écologiques de ce petit insecte. On peut facilement y voir un parallèle social dans la mesure où la société actuelle dénigre souvent certains emplois jugés dégradants qui sont pourtant d’une utilité incroyable et surtout qui nécessiteraient un respect beaucoup plus grand.

Je suis très heureuse de compter sur Mona Leu-Leu, qui a déjà publié un album au Seuil Jeunesse, pour illustrer le texte d’Élisabeth. Mona a un univers graphique très personnel qui permettra de donner de la personnalité à cet album pour les tout-petits. Son rôle est d’autant plus important que l’illustration des petites bêtes devra être anatomiquement exacte ! Il n’y a rien de mieux qu’une image pour apprendre.

Mes Premières Lectures : Recevez-vous beaucoup de manuscrits ? Avez-vous des appels à texte en cours ?

Sandrine Harbonnier : J’ai reçu pas mal de manuscrits lorsque j’ai émis les appels à textes sur l’Asfored. Mais puisque ma ligne éditoriale est très précise et que le public visé n’a pas pour vocation de s’étendre aux adultes, peu de manuscrits ont franchi l’étape du comité de lecture. Nous allons bientôt lancer un nouvel appel à textes ou un concours pour un projet éditorial bien défini qui doit voir le jour fin 2019 et dont nous communiquerons bientôt tous les détails sur notre site et nos réseaux sociaux. Les textes recherchés seront des nouvelles de 10 000 à 15 000 signes espaces comprises maximum. Ils devront bien évidemment raconter une histoire et vulgariser une science, un art et/ou une culture.

Mes Premières Lectures : Vous venez également d’annoncer un partenariat avec les éditions Hikari, plutôt spécialisées dans les guides de voyage et la littérature internationale. Comment se passe cette coopération ?

Sandrine Harbonnier : Je connais cette maison d’édition depuis deux ans maintenant et je connais bien leur fonctionnement puisque j’ai travaillé avec eux. J’apprécie beaucoup de choses chez cet éditeur : la ligne graphique moderne et attrayante, le principe de découvrir le monde par le regard des locaux, la prise de risque et le besoin de se renouveler. Ils vont par exemple s’ouvrir eux aussi à la jeunesse cette année, ce qui est formidable. Le lien entre nos deux lignes éditoriales semblait évident : nous sommes deux petits éditeurs de Lille, « les yeux ouverts sur le monde » chez Hikari, ouverts sur la science chez Lucca, qui partageons les valeurs de la petite entreprise, de l’entraide et de l’accès à la culture pour tous. Je remercie d’ailleurs Hikari Éditions de me faire confiance et de me permettre de passer par ses réseaux de diffusion-distribution.

Mes Premières Lectures : Le mot de la fin ?

Sandrine Harbonnier : Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon !


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